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La vie des insectes – Viktor Pelevine

Un moustique américain, guidé par deux comparses russes, vient prélever des échantillons de sang afin d’évaluer le potentiel de développement touristique de la Crimée pour ses compatriotes. Une mouche russe ne rêvant que de quitter son pays tente de le séduire. Des phalènes dissertent sur les bénéfices respectifs de la lumière et de l’obscurité. Un cafard creuse des galeries en accumulant le plus de biens possibles tout en essayant de ne pas croiser les milices et leurs exigences de pots-de-vin.

Ces insectes n’en sont pas vraiment. Mais ils ne sont pas non plus vraiment des humains. N’allez pas croire pour autant qu’ils sont des mutants : ils sont des prétextes, les biais que prend Viktor Pelevine, grand maître de l’absurde, pour nous parler de la société russe juste après la chute de l’URSS. Il décrit à merveille le réel par l’irréel sans jamais en tirer la moindre conclusion définitive, et c’est sans doute là que réside tout son génie. Il décrit par la métaphore et sans concession une société en pleine mutation, mais le lecteur devra se débrouiller tout seul s’il veut figer le constat dans un jugement moral. Il use avec tact de l’étrange pour porter un regard terriblement lucide sur le concret.

Viktor Pelevine n’est pas franchement un comique, il y a pourtant quelque chose de réjouissant sous sa plume. Loin des autofictions dont nous sommes abreuvés sous nos latitudes, il utilise la littérature pour une idée plus grande que son nombril : penser le monde et l’histoire en marche.

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Vie et destin – Vassili Grossman

Par où commencer pour vous résumer les 1200 pages très denses de ce roman qui en est à peine un ? Eh bien commençons par là : si c’est un roman, on est très vite happé par son réalisme cru, et on en comprend aisément la cause en découvrant la biographie de Vassili Grossman. Issu d’une famille bourgeoise juive, il était à la base ingénieur chimiste. Il a travaillé dans une mine, ignore comment il a pu être épargné par les premières purges soviétiques contrairement à d’autres membres de sa famille, il a dû se battre pour éviter le goulag à son épouse et quand la guerre a éclaté, il est devenu correspondant de guerre à Stalingrad.

Vie et destin relate la vie d’une famille Russe juive à travers la guerre, du siège de Stalingrad aux camps de concentration nazis, de l’Académie des Sciences soviétiques aux camps d’internement russes, de Moscou aux petites villes de province. Et on comprend tout de suite mieux le réalisme du récit. Il nous décrit le quotidien des habitants de Stalingrad assiégée, la famine, la peur instillée par le régime de Staline dans tout le pays et le poids d’une administration centrale toute puissante. Loin de se contenter de descriptions, les chapitres plus ou moins romanesques sont entrecoupés de réflexions profondes sur des sujets variés et, pour certains, intemporels. Jusqu’à la lecture de Grossman, je n’avais jamais vraiment compris pourquoi faire la différence entre racisme et antisémitisme. En quelques pages, il m’a fait comprendre l’évidence, que je vous laisserai découvrir car personne ne l’a jamais aussi bien expliqué que lui. En outre, ses propos sur la surveillance de masse du régime de Staline sont terriblement d’actualité. Ses réflexions sur le collectivisme devraient calmer plus d’un utopiste de notre époque. Et mettant en parallèle les réalités du nazisme et du communisme, il creuse la question des idéologies qui promettent des lendemains qui chantent, tranchant sans naïveté : elles ne peuvent mener qu’à des purges et des massacres.

Vassili Grossman a terminé la rédaction de Vie et destin en 1962. Le KGB lui est tombé dessus, son manuscrit a été saisi ainsi que les rouleaux encreurs de sa machine à écrire. Cette œuvre aurait pu disparaître à jamais. Heureusement pour nous, car c’est un document précieux, Andreï Sakharov en a fait sortir une copie du pays. Il sera publié à l’ouest au début des années 80, et en Russie seulement après la chute du mur.

Vie et destin m’apparaît comme un ouvrage qu’on doit lire. Il est indispensable, riche, dense. Mais je ne vais pas vous mentir : ça n’est pas une mince affaire que de s’y attaquer. Outre sa longueur, le nombre des personnages ne simplifie pas la lecture. Et ça n’est rien encore en comparaison du fond. Mais c’est ainsi : il faut souvent se donner un peu de peine pour accéder au meilleur. Entre Histoire, histoire des idées, philosophie, politique et sociologie, Vie et destin est désormais rangé dans ma bibliothèque sur l’étagère des indispensables chefs d’œuvre, de ces livres qui appartiennent ou devraient appartenir au patrimoine mondial de l’humanité.

Une petite note, pour conclure, au sujet du Livre de poche qui publie cet ouvrage : quand on est responsable de la publication d’une telle œuvre, il est absolument honteux d’y laisser traîner autant de fautes. C’est inqualifiable de maltraiter ainsi un chef d’œuvre. Je ne les ai pas comptées, mais j’ai maudit au moins vingt fois cet éditeur pour son travail lamentable. Si vous l’achetez, sachez qu’il est aussi publié par Pocket : peut-être, mais je n’ai pas vérifié, ont-ils fait un travail plus respectueux à ce niveau que le Livre de poche.


Chasseurs et gros pétards

Je feuilletais négligemment le dernier numéro du Chasseur Français, celui de novembre 2017 – oui, je lis le Chasseur Français, et alors ? Il y a bien des gens qui lisent Closer ou Gala, magazines qui ne comportent aucune sorte d’informations, alors que le Chasseur Français a des articles vachement intéressants pour n’importe quel habitant des campagnes, et de toute façon, je fais ce que je veux. Je feuilletais, disais-je donc avant de m’interrompre, le Chasseur Français, quand soudain, je découvris trois pages de publireportage qui me firent tomber de ma chaise.

En haut à droite, il y a une grosse feuille de cannabis. Et sur trois pages, on nous fait l’éloge des vertus de la plante interdite en matière de santé. Des problèmes articulaires à la hernie discale en passant par les angoisses et l’asthme, le communiqué reprend quelques bases de la recherche bien réelle sur les effets bénéfiques du cannabis médicinal. Et en bas de la dernière page, il y a un bon de commande pour des gélules de Cannaphytol©, cannabis sativa.

J’ai commencé par me dire qu’on m’avait envoyé un numéro du Chasseur Français destiné à un autre pays avant de réaliser que ça n’avait pas de sens. Puis, je suis allée vérifier de quoi il retournait avant de découvrir quelque chose de pas très surprenant : le Cannaphytol© est effectivement légal en France car il contient moins de 0,2 % de substance active. Et pour cause : les capsules sont faites à base de graines et non de fleurs. Elles ne servent donc à rien d’autre que de placebo, mais au fond, là n’est pas l’important.

L’important, c’est que le Chasseur Français est essentiellement destiné à une population rurale et plutôt âgée si j’en crois les petites annonces de rencontres des dernières pages : aucun des postulants à l’amour par correspondance n’a moins de 65 ans. Le Chasseur Français n’est pas exactement un magazine de hippies, pas même de hipsters. C’est même un magazine très conservateur quand il traite de sujets de société. Connaissant bien les chasseurs de mon village, je peux affirmer que s’ils se planquent au fond des bois, ça n’est pas pour fumer des gros pétards. Et pourtant, dans le magazine qui leur est dédié, on leur propose du pseudo-cannabis thérapeutique, et ça ne choque personne. Pour le dire autrement : l’idée d’utiliser du cannabis pour lutter contre la douleur est tellement passée dans les mœurs que même les chasseurs ruraux, âgés et conservateurs peuvent trouver ça tout ce qu’il y a de plus normal.

Et pourtant, les politiciens, eux, refusent d’avancer sur le sujet. Les Français, même les plus conservateurs, sont tout à fait prêts à voir du cannabis en pharmacie, mais les politiciens, même quand ils se disent tournés vers l’avenir, sont coincés dans la loi de prohibition totale de 1970. Et le pire, c’est que cette interdiction stupide laisse la porte ouverte à la vente de placebos inutiles.


La Flèche Jaune de Viktor Pelevine

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La Flèche Jaune est un train, un train immense dont personne ne connaît ni le point de départ, ni celui d’arrivée. Et dans ce train, c’est toute la société russe post-soviétique qui voyage d’un passé inconnu vers un avenir incertain.

Ce court récit, parfait pour un voyage en TGV, n’est pourtant pas de la littérature de gare. Le portrait désabusé que Viktor Pelevine trace de la société russe est sous tendu par la plus fondamentale des questions métaphysiques : d’où venons-nous et pour aller où ? On pourrait lire La Flèche Jaune sans connaître la nationalité de l’auteur et la deviner en quelques pages : on retrouve ce surréalisme poisseux et sans illusion ni concession si propre à la littérature russe contemporaine. D’ailleurs, La Flèche Jaune peut être une bonne porte d’entrée pour cette sorte de littérature.


Le Prince, la lune et les fornicateurs de Florent Kieffer

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On a plus ou moins de plaisir à découvrir et à faire découvrir un livre. Concernant ce petit ouvrage, on a très envie de le faire lire à tout le monde. Non qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre : je parlerai plutôt de friandise.

Le Prince, la lune et les fornicateurs n’est pas vraiment un roman, mais plutôt un conte moderne. Il était une fois, dans un temps lointain, un royaume où tout le temps libre est utilisé pour se laisser aller à la fornication, au grand désespoir de l’Intendant qui décide de trouver tous les moyens possibles de lutter contre cette activité improductive en combattant l’existence même de l’érection. Avec pareil sujet, il eut été aisé de sombrer dans la vulgarité, dans l’érotisme à deux sous ou dans les lieux communs insupportables : Florent Kieffer évite pourtant tous ces écueils pour nous offrir au contraire un récit plein de finesse et d’humour.

Évidemment, ça n’est pas un conte pour enfants : destinés à celles et ceux qui ont au moins une vague idée de ce qu’est le désir sexuel, l’histoire n’aurait aucun intérêt pour des petits. Mais de par sa forme, et malgré le sujet traité, il s’adresse tout de même à la part d’enfant qui sommeille dans chaque adulte. C’est frais et réjouissant. C’est très facile à lire, si bien qu’il est accessible même aux lecteurs débutants, sans ennuyer les lecteurs confirmés : une vraie gageure pour un auteur !

Comme beaucoup de contes, il délivre une sorte de morale, mais une morale qui explose les cadres rigides que l’humanité n’a eu de cesse de dresser autour des questions de sexualité. On ne regrettera que le rôle secondaire réservé aux femmes dans ce récit, néanmoins, on rit assez pour pardonner.

Vous êtes encore là ? Mais enfin ? Vous devriez déjà être en train de découvrir les premières pages !


Crime d’honneur de Elif Shafak

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À peine ai-je ouvert ce livre que je me suis dit : « ouille ». Et ce avant même de lire le premier mot du roman. C’est que j’ai regardé l’ours dans lequel figurait la mention : « Titre orginal : Honour ». Et quand un traducteur pervertit à ce point le titre d’un ouvrage, on peut s’attendre au pire pour la suite. En tout cas, on n’est pas dans de bonnes dispositions pour lui faire confiance. Et il se trouve que les qualités littéraires sont très inégalement réparties au fil du récit, et pas seulement parce qu’il est fait par plusieurs narrateurs.

On peut décider de passer outre le simple style, mais alors il faut une histoire palpitante. Hélas ! Malgré un sujet qui aurait pu être un parfait support pour relater la place des femmes dans la société kurde, et il semble bien que ça soit l’intention première de l’auteur, nous voilà face à une accumulation de personnages archétypaux jusqu’à la caricature et de grosses ficelles bonnes à amarrer un supertanker. Comment croire à la sage-femme sorcière telle qu’on peut la croiser trait pour trait dans n’importe quel roman vaguement fantasy pour adolescentes ? Comment croire au doux-dingue désincarné à en virer aigre ? Et pire que tout : comment ne pas s’agacer devant l’usage intempestif de la jumelle pour justifier un revers de situation qui se veut l’apothéose du roman ?

J’ai fini ce livre comme on termine une corvée avant de ne pas le ranger dans la bibliothèque, avec l’agacement que je ressens toutes les fois que je tombe sur une auteur qui se dit féministe en usant de clichés érodés pour œuvrer.


Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits de Salman Rushdie

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Je l’attendais depuis si longtemps qu’en théorie, j’aurais dû finir la lecture de Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits d’une seule traite. Mais il s’est vite avéré que ça aurait été du gâchis. Ceux qui connaissent déjà l’écriture de M. Rushdie savent quelle capacité de densification du récit il a, et lire trop vite serait la garantie de passer à côté de la moitié des détails : c’eut été dommage, tant et si bien que plus j’avançais dans la lecture, plus je déployais des trésors de créativité pour ralentir le rythme de façon à la faire durer plus longtemps : impossible de faire autrement.

Parce que des détails, il y en a autant que des grandes lignes et des personnages. Des personnages, il y en a autant d’humains – et de toutes les ethnies – que de magiques, et tout ce petit monde se mène une guerre impitoyable dans notre monde. Et quand je dis « dans notre monde », je pèse mes mots : il s’agit bien de notre monde tel qu’il est actuellement. C’est le combat entre la rationalité et la croyance, autant dire un combat aussi épique qu’humoristique.

Si on retrouve l’écriture alambiquée des Enfants de Minuit, on se rapproche beaucoup plus par le contenu de Haroun et la mer des Histoires, mais d’une façon bien plus destinée aux adultes et plus irrévérencieuse. Et c’est jubilatoire. On pourrait dire que c’est un conte, mais ça serait mentir : ce sont des centaines de contes antiques et contemporains qui s’entremêlent à la façon des Mille et une nuits, comme le titre l’annonçait.

Mais l’important n’est pas tant le récit en lui-même que ce qu’il provoque à terme sur le lecteur : impossible après la découverte de ce roman d’ouvrir un journal sans avoir envie de rire du pire. Non qu’il amoindrisse la gravité de la situation du monde, seulement voilà : Salman Rushdie décale notre regard d’une façon si ingénieuse qu’on ne peut plus regarder tout ça comme avant. Là où tout un chacun voit une guerre meurtrière, le lecteur de Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits verra une ultime bêtise de djinn qui finira par se dissoudre dans la rationalité et l’intelligence.

Quant à la conclusion, que je ne révélerai pas, elle ne pourra qu’obliger le lecteur à avancer d’un grand pas vers lui-même, et vous conviendrez que c’est un sacré cadeau de l’auteur.

Deux ans, huit mois et vingt-huit nuits n’est peut-être pas le meilleur roman de M. Rushdie d’un point de vue purement littéraire, mais c’est sans doute le plus réjouissant, le plus accessible et le plus nécessaire à son époque. Entre conte et philosophie, c’est un livre qui grandit sans peser, et la garantie de passer un excellent moment un tout petit peu à côté de la réalité.


Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe

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Plus qu’un écrivain Tom Wolfe est un chroniqueur de son époque, le Zola de l’Amérique contemporaine, le misérabilisme en moins et la psychologie des personnages pointue en plus.

Après nous avoir décrit entre autres choses les arcanes des précurseurs du LSD dans Acid Test, celles de Wall Street dans Le Bûcher des vanités, il s’arrête ici sur les universités d’élite américaines. Et, comme d’habitude, c’est sans concession qu’il nous présente un univers fait d’apparences et d’hypocrisie. Tom Wolfe semble guidé par une volonté de mettre le doigt sur la décadence où qu’elle se trouve et quelle que soit la forme qu’elle prend, sans pour autant manquer de tendresse pour ses personnages dont il bâtit le squelette en quelques phrases et à qui il donne chair en plusieurs centaines de pages qui se dévorent addictivement.

Aussi dense que soit ce roman, il est accessible à tous, ce qui fait de Tom Wolfe un auteur populaire au sens noble du terme : en ne prenant pas ses lecteurs pour des ignares, il les instruit sans les assommer. Et si c’est la meilleure, c’est loin d’être la seule raison pour laquelle il faut vraiment lire ses ouvrages, sans en craindre l’épaisseur.


Qu’Allah bénisse la France ! de Abd al Malik

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Qu’Allah bénisse la France n’est pas une grande œuvre, certes. L’écriture est parfois maladroite, presque complexée, pourtant le fond réussit à faire oublier la forme.

Abd al Malik retrace son parcours des cités strasbourgeoises à sa découverte du soufisme après un passage dans les rangs de ce qu’on n’appelait pas encore alors les « radicalisés de l’Islam ». Et tout l’intérêt du récit est bien dans ces quartiers verticaux racontés de l’intérieur à l’époque où l’Islam de banlieue, que l’auteur qualifie de banlieue de l’Islam, recrute à tour de bras et se structure sur la base de l’ignorance et des frustrations.

Abd al Malik apparaît sans concession pour lui-même et lucide sur un phénomène alors naissant. Plus que le parcours de l’auteur, c’est ce qu’il dit de la France des années 90 qui est instructif. Ce petit livre donne un éclairage sur ce qui se déroule de nos jours et pour cela il vaut la peine d’être lu.


Les Filles d’Allah de Nedim Gürsel

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Les filles d’Allah, ce sont les déesses pré-islamiques qui se partageaient les croyants de la Mecque avant l’arrivée de Mahomet : Lat, Manat et Uzza. Elles sont trois des quatre narrateurs de ce roman qui se penche tant sur le développement de l’Islam que sur l’histoire récente de la Turquie grâce au quatrième narrateur qu’est l’auteur lui-même.

Entre histoire, poésie et mythologie, Nedim Gürsel nous emmène dans un voyage très instructif dans le temps. On découvre les mythes pré-islamiques, non sans écho aux Versets Sataniques de Rushdie, l’histoire du prophète de l’Islam et le développement du nationalisme turc. Au delà, il nous raconte aussi comment un enfant grandit dans la peur de l’enfer, comment la foi se forge et se délite, comment l’horreur de la guerre entre en résonance avec l’horreur de l’enfer promis aux mécréants et aux pécheurs.

Aussi didactique soit-il, ça n’en est pas moins un roman admirablement mené et terriblement bien écrit. Sans être à proprement parlé un pamphlet – c’est bien trop poétique pour ça – Les Filles d’Allah n’en est pas moins une critique de l’intégrisme religieux autant que du nationalisme.

Évidemment, Nedim Gürsel a dû faire face, en Turquie, à l’accusation de blasphème pour ce roman, quoi qu’on est en droit de se demander si ça n’est pas plutôt son rejet du nationalisme qui a réellement posé problème pour ses accusateurs.