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Le Jour où je devins dictateur : le sac de noeuds

La première liste

Cette deuxième liste était longue : elle était constituée de toutes les choses urgentes qui avaient été remises au lendemain depuis des décennies. Et ça s’avéra surtout être un énorme sac de nœuds de serpents venimeux et glissants.

La question de la préservation de l’environnement nous semblait être indispensable, mais elle ne pouvait se faire ni sans l’économie ni sans l’ensemble de la population. Quoique nous avions déjà résolu les situations humaines les plus urgentes, les solutions pour lesquelles nous avions opté ne pouvaient fonctionner qu’à court terme. Si tout un chacun n’avait pas vite accès à un revenu décent et durable, nous aurions rapidement de nouveau des gens sans abri. Et surtout, nous nous sommes à ce moment-là heurté à la conviction qu’avait et qu’ont toujours eu la plupart des gens : tout était mieux avant. Il voulait continuer à travailler dans les industries qu’ils avaient toujours connues, il voulait que les revenus soient conditionnés par le travail, ils voulaient que l’Etat soit seul responsable des recherches … Si bien que les changements que nous mimes en place provoquèrent un nombre de manifestations telles que personne n’en avait jamais vu.

Il faut bien avouer que nous ne n’y sommes pas allé avec le dos de la cuillère !

Nous avons bien sûr commencé par regarder ce qui avait été fait par le passé et qui n’avait pas marché : les aides ponctuelles à l’emploi étaient un échec, les aides aux entreprises n’avaient pas données de meilleurs résultats et les minimas sociaux étaient trop bas. Nous voulions un vrai changement, durable et efficace. Si bien que nous avons purement et simplement supprimé toutes les aides sociales et toutes les structures chargées de les gérer : caisse d’allocation familiale, assurance chômage, tout ! Il nous apparaissait idiot de dépenser tant d’argent pour gérer plus ou moins la pauvreté : nous voulions qu’elle disparaisse pour toujours. Toutes les sommes ainsi dégagées furent redistribuées : chaque citoyen, adulte comme enfant, se vit attribuer cinq cents euros mensuels, sans aucune autre condition que celle d’exister. Cela fit un scandale épouvantable. Tous les gens qui se retrouvèrent sans emploi descendirent dans la rue. Tous les bénéficiaires des aides qui existaient jusqu’alors aussi. Les gens qui travaillaient, les chefs d’entreprise : tout le monde hurla qu’on allait ainsi créer un pays de pauvres et de fainéants.
Mais les choses se tassèrent vite. Ceux qui n’avaient pas de salaires et qui vivaient précédemment des aides sous conditions firent vite le calcul qu’ils avaient dès lors un revenu plus conséquent sans avoir à subir une surveillance administrative constante. Ce fut un peu plus compliqué pour les célibataires, mais beaucoup optèrent pour les logements partagés et cela suffit à leur permettre de vivre décemment. Ceux qui jusqu’alors étaient payés à surveiller les pauvres perdirent de l’argent mais y gagnèrent en tranquillité d’esprit et en temps. De surcroît, ils n’avaient plus à dépenser de l’argent pour se rendre au travail. Et cela ne changea rien pour les entreprises qui n’embauchaient de toutes façons pas les chômeurs de longue durée.

Et puis surtout nous n’en restâmes pas là. Maintenant que chacun avait un revenu garanti, il était possible de se former à de nouveaux métiers, de s’adonner à la création ou de cultiver son jardin. Ceux qui étaient déjà fainéants le restèrent, mais ils étaient nettement minoritaires.

Les universités et tous les centres de formations furent mis à contribution. Toutes les sortes de cours théoriques furent mis en ligne sur internet et tous les diplômes pouvaient dès lors être passés en candidats libres. Ce fut un franc succès. La plupart des gens que nous avions mis au chômage suivirent des formations. L’économie des savoirs et des loisirs explosa. Il fallut former des enseignants et des formateurs à la pelle. Comme ceux qui travaillaient avaient un revenu supplémentaire, ils embauchèrent des femmes de ménage, des baby-sitters et des accompagnants pour leurs parents âgés à tour de bras. Des galeries d’art et des salles de spectacles ouvrirent de partout. Le marché de l’art et de la culture explosa. Des laboratoires de fabrication regroupant toutes sortes de gens, des scientifiques aux bidouilleurs sortirent de terre comme des champignons à l’automne. En quelques années des milliers de personne se mirent à travailler sur le plus gros chantier que nécessitait la planète : la fabrication d’énergie. Tant de bras et de neurones s’engagèrent dans ces recherches que la consommation de pétrole fondit comme neige au soleil. Pour inciter plus encore à aller dans ce sens, nous édictèrent une série de loi. L’installation d’unité de production de biogaz fut rendue obligatoire pour toute maison achetée ou construite, ainsi que l’installation de panneaux solaires et/ou d’éolienne là où c’était techniquement possible. Les avancées techniques réalisés dans les laboratoires les rendirent bien plus efficaces, si bien que peu à peu les maisons devinrent énergétiquement autonomes. Et le pays devint le plus gros exportateur de ces outils.

Nous interdîmes encore la construction et la rénovation de maisons en matériaux polluants tout en incitant la recherche et les essais sur les matériaux sains et efficaces. Bientôt, la consommation d’énergie chuta encore car les maisons étaient mieux isolées. Petit à petit, nous arrêtions les centrales nucléaires : n’étaient conservées que celle qui étaient encore nécessaires pour alimenter l’industrie.

Nous limitâmes par décret la taille des exploitations agricoles et interdîmes tous les engrais et désherbants qui n’avaient pas apporté la preuve de leur innocuité. Dans le même temps, il fut rendu obligatoire de composter les déchets de cuisine. Des composteurs furent fabriqués à la chaîne et installés dans les villes. Il fallut encore embaucher de nouveaux éboueurs – et augmenter leurs salaires – pour les vider et transporter leur contenu à la campagne. Il y eut un petit exode urbain : les maisons vides depuis plus de cinq ans furent réquisitionnées pour héberger les nouveaux travailleurs agricoles et leurs familles.

Une partie des récoltes était désormais vendue directement à l’État qui ouvrit en son nom des magasins où les produits de première nécessité furent vendus à prix coûtant. En contre-partie, nous augmentâmes un peu les taxes sur les produits de luxe.

Beaucoup d’investisseurs et d’industriels prirent peur devant ces changements radicaux : ils quittèrent le pays. Au début, ce fut un gros problème. Mais il nous fallut peu de temps pour trouver la parade : les entreprises qui s’expatrièrent virent leurs biens nationalisés, le temps que leurs salariés se coordonnent. Elles furent re-créées sous forme de coopératives et les salariés purent – et ne s’en privèrent pas – racheter leur part à l’État. Ils connaissaient leur travail et n’eurent guère de mal à convaincre la plupart des clients que les investisseurs n’étaient pas les dépositaires du savoir-faire. Comme dans le même temps les revenus financiers furent fortement taxés, l’actionnariat se limita bientôt aux salariés des entreprises : la richesse fut mieux réparti et cela vint encore alimenter les marchés des loisirs, des arts et de la culture.

Le pays redevint bientôt le rêve de ceux qui vivaient dans des contrées pauvres. Heureusement, car sans les immigrés, le pays aurait sans doute manqué de main d’œuvre. Mais cela ne nous empêcha en rien de développer la gamme d’aide à ces pays pauvres. Nous y reviendrons plus loin.

Bien sûr, ces changements prirent de longues années qui furent traversées de heurts. Tout cela nous avait, membres du gouvernement malgré nous, littéralement épuisés. Nous étions des dictateurs, responsables de tout. Nous agissions sans mandat électif et il n’y avait d’autres institutions que nous-mêmes. Nous décidâmes alors d’écrire une nouvelle Constitution et de recréer de toute pièce les institutions manquantes.

A suivre

 


Comment je devins dictateur : la première liste

Préambule 

Au début, on a beaucoup cafouillé. Je vous vois sourire, mais j’aimerais vous y voir ! Lors de la première heure de travail, tout le monde voulait être ministre de la culture. Évidemment, puisque la plupart de mes amis convoqués étaient des musiciens, des saltimbanques et autres va-nus-pieds. Oh, certains avaient bien des diplômes, des formations et même de l’expérience en entreprise, mais dans l’ensemble, tous autant qu’on était, on se passionnait jusque là plus facilement pour les innovations musicales ou littéraires que pour les mécanismes de production de biens et de services. Heureusement, nous étions assez raisonnables pour convenir qu’on ne fait pas tourner un pays avec dix-huit ministres de la culture et assez curieux pour apprendre tout ce qu’il y a à savoir des mécanismes conjoncturels divers et variés. Il nous fallut définir une méthode et on a vite opté pour une de celles qu’on utilise tous et souvent : on a dressé des listes. La première d’entre toutes fut la liste des situations urgentes à traiter sans délai. Sur celle-là figurait une longue liste de « sans » : les sans abri, les sans papier, les sans revenu, sans nourriture, sans protection sociale … Nous étions tous outrés par l’existence même de la misère au coin de notre rue et il était hors de question de ne pas s’attaquer à ce problème qui nous semblait d’une autre époque. Nous prîmes donc des mesures simples.

Dans un premier temps, nous avons suspendu toutes les mesures d’expulsions en cours : celle des étrangers qui n’avaient pas de papier, mais aussi celles des locataires qui n’avaient plus les moyens de payer leur loyer. Et nous avons rencontré notre premier problème pragmatique. Nous imaginions jusque là que tous les propriétaires avaient les moyens d’attendre un peu avant d’encaisser des loyers, voire de ne pas les encaisser du tout. Si seulement ça avait pu être aussi simple ! Nous avons vite appris que beaucoup de gens payaient les crédits de leurs achats de bâtiments avec le montant des loyers et que beaucoup de retraités ne pouvaient vivre décemment qu’avec ces sommes là. Alors nous avons réquisitionné tous les bâtiments vides, à commencer par le domaine de l’État : les anciennes casernes militaires, anciennes administrations fermées, quelques ministères trop grands pour l’usage qu’on en faisait, maisons forestières, anciennes maisons d’éclusiers … Comme ça ne suffisait pas, nous avons aussi réquisitionné les bâtiments vides des banques, des syndicats, de l’église, quelques centres de vacances appartenant à des comités d’entreprises utilisés seulement deux mois dans l’année, bâtiments commerciaux, hangars, beaucoup de bâtiments qui appartenaient à des particuliers qui préféraient attendre une envolée de l’immobilier pour les vendre, des maisons en vente depuis si longtemps qu’on pouvait sérieusement douter qu’elles soient vendues un jour ; en ville et à la campagne. En mettant tout ça bout à bout, on put offrir un toit à chaque personne déjà sans abri, mais on put aussi reloger les gens qui ne pouvaient plus payer leurs loyers à des propriétaires qui en avaient besoin et qui purent à leur tour relouer à d’autres qui avaient les moyens de payer. Tous les collectifs d’auto-construction et de nombreux artisans furent sollicités pour les aider à remettre tous ces nouveaux logements en état. Bien sûr, il fallut débloquer de l’argent. Nous avons commencé par montrer l’exemple en diminuant les salaires des hauts fonctionnaires que nous étions maintenant. On n’eut pas grand mal à rogner sur le budget de l’armée. On bloqua la construction de quelques grands projets qui nous semblaient inutiles : chantiers de centrales nucléaires, d’aéroports, de parkings, d’autoroutes et de nouvelles administrations. Les gens qui devaient travailler sur ces chantiers furent embauchés pour la remise en état des bâtiments réquisitionnés, si bien que non seulement tout fut réalisé en des temps records, mais en plus la balance s’équilibra d’elle-même. Nous gelâmes les loyers, quelques remboursements de crédit, nous interdîmes les crédits à taux abusifs. L’urgence était gérée. Elle disparut.

Dans le même temps, nous voulions nous assurer que tous ces gens mangent à leur faim, et là, la solution fut d’une simplicité enfantine : nous obligeâmes la grande distribution à donner tous ses invendus aux associations qui s’occupaient de les redistribuer selon les besoins. Certains directeurs de magasin le firent de bon cœur. D’autres furent récalcitrant, mais les situations de grandes précarités commençant à reculer, la petite délinquance recula avec elles et cela libérait du temps pour les agents de police : ils furent charger de s’assurer que les invendus allaient là où ils le devaient. Il fallut confisquer les compacteurs d’ordures des supermarchés, et puisque les huissiers n’avaient plus d’expulsion locative à réaliser, ils se firent un plaisir de s’en occuper. Nous interdîmes le calibrage des fruits et légumes, ce qui fit presque doubler les quantités produites. Je vous raconterais ultérieurement comment nous avons réformé l’élevage et l’agriculture.

Pour ce qui est de la santé, nous avons nationalisé toutes les cliniques privées pour qu’elles accueillent tous les gens qui en avaient besoin. Évidemment, de nombreux médecins spécialisés quittèrent immédiatement le pays. Un certain nombre d’entre-eux étaient des chirurgiens esthétiques. Ce ne fut pas une grande perte pour le pays puisqu’ils ne servaient pas à grand-chose de toutes façons. Les autres furent remplacés par des médecins étrangers qui n’avaient jusque là pas le droit d’exercer : soit qu’ils n’avaient pas de papier, soit qu’ils venaient de pays dont on ne reconnaissait pas la formation jusque là. Mais un humain étant un humain, leurs formations n’étaient pas pire que les nôtres, et ceux qui en avaient besoin bénéficièrent rapidement de formations complémentaires adéquates. Certains d’entre-eux s’installèrent avec de bons salaires payés par les collectivités dans les déserts médicaux. Dans un premier temps, certains eurent du mal à admettre ces médecins qui n’avaient pas le bon accent ou pas la bonne couleur de peau, mais ça ne dura pas longtemps. Tout valait mieux que pas de médecin du tout.

Plus tard, nous réformâmes entièrement la formation des médecins : ils reçurent plus de cours de psychologie et de philosophie, en particulier d’éthique, mais aussi de phytothérapie. Leur pratique s’en trouva grandement améliorée et la sécurité sociale fit de substantielles économies grâce aux prescriptions d’anxiolytiques, d’antidépresseurs et de somnifères qui fondirent comme neige au soleil. Sur les conseils avisés d’un collectif de médecins que nous avions réunis, de nombreux médicaments furent interdits. Comme l’accès au soin était grandement facilité, les gens consultaient bien avant que les maladies soient graves, difficiles à soigner et par suite, plus coûteuses. Toutes les économies réalisées furent réinjectées dans la recherche médicale. Nous remplaçâmes également les gestionnaires d’hôpitaux qui n’y connaissaient rien en médecine par des directoires constitués de médecins, d’infirmières, d’aide-soignantes, de brancardiers et même d’agents d’entretien. Il fut interdit aux internes de travailler plus de dix heures d’affilés dès que nous eûmes recrutés assez de médecins étrangers puis formés de jeunes médecins pour que ce soit possible. Le nombre d’erreurs médicales chuta, les maladies nosocomiales disparurent presque et le personnel médical hospitalier ne râla pas du blocage de leurs salaires car en contre-partie, leurs conditions de travail s’étaient notoirement améliorées.

Traiter cette première liste des choses à faire nous procura une grande satisfaction. Mais cela ne suffisait pas. Si nous ne trouvions pas rapidement un moyen de redresser l’économie du pays, tout cela n’aurait servi à rien à long terme et la misère réapparaîtrait sans cesse. Nous sortîmes alors notre seconde liste des choses à faire.

A suivre …


Le jour où je devins dictateur

Tout a commencé un matin où je me suis réveillée ailleurs que dans mon lit et au dernier endroit où je m’attendais à me réveiller un jour : au Palais de l’Élysée. Personne n’expliquera sans doute jamais comment c’est arrivé, mais le fait est que j’étais là, dans un grand lit avec des draps en soie, au milieu d’une immense chambre toute décorée à la mode pompeuse de cet édificet-là. Bien sûr, je n’ai pas compris tout de suite que c’était l’Élysée puisque je n’y étais jamais allée avant, mais je me rendis vite à l’évidence.

J’inspectais toutes les pièces ou presque et ne trouvais personne. Évidemment, je fus prise de panique. D’abord parce que je ne comprenais pas du tout comment j’avais pu atterrir là, ensuite parce qu’il n’y avait personne dans cet immense espace et aussi parce que je me demandais où et comment le gouvernement avait disparu. Un pays sans gouvernement risquait gros, il était urgent que quelqu’un intervienne.

Ne sachant trop que faire, j’appelais la presse, mais mon histoire ne les intéressait pas beaucoup. Les journalistes que j’arrivais à joindre voulaient tous savoir qu’elles étaient les décisions prises par le gouvernement au sujet de telle loi ou tel décret en cours : des tas de choses qui ne me concernaient normalement qu’en tant que simple citoyenne. J’essayais d’appeler la Préfecture, et des tas de numéros que je trouvais dans un calepin près du téléphone du Président, mais tout le monde me disait la même chose : puisque j’étais à l’Élysée, c’était moi qui dirigeais et je n’avais qu’à me débrouiller toute seule avec mes affaires nationales et internationales, c’était mon problème et pas le leur. Je sortis dans la rue, tentais d’expliquer la situation aux passants, mais tous me dirent plus ou moins la même chose : quand on se réveille à l’Élysée, c’est qu’on est le Président. Ils se fichaient bien de savoir qui j’étais, ce qu’ils voulaient c’est que je retourne gérer le pays.

Vous imaginez bien mon embarras ! On ne se retrouve pas comme ça un beau matin à la tête d’un pays de soixante millions d’habitants à la légère ! Je n’avais jamais fait de politique, je n’avais étudié l’économie qu’au lycée, et encore : en option ! Et le seul diplôme qu’on me connaissait était un doctorat en bidouillologie acquis au fil de la vie ! Certes, j’étais du genre à avoir un avis sur tout, tout le temps, mais enfin : entre avoir un avis qu’on défend auprès des copains les soirs d’apéro et avoir un avis qui déciderait de la vie de tant de gens, ça n’était tout de même pas la même chose.

Mais, ma foi, puisqu’il en était ainsi, je n’avais pas vraiment le choix, et il me fallait m’atteler à mon nouveau boulot. Je commençais par appeler les plus raisonnables de mes amis et leur demandais de me rejoindre. Il fallait commencer, me semblait-il, par nommer des ministres. Ensuite, il nous faudrait tous ensemble écrire et appliquer notre programme politique. J’étais déjà fatiguée rien que de penser à l’ampleur de la tâche.

Les amis n’arrivèrent pour la plupart que plus tard dans la journée : presque aucun d’eux n’habitaient Paris. Dès que tout le monde fut présent, nous nous attelèrent à la tâche. Et c’est ainsi que nous transformâmes radicalement le fonctionnement du pays.

A suivre …