Fiat lux, ou pas.

 

Peu à peu et sans vraiment le faire exprès, je deviens trayeuse de vaches d’urgence. Un coup de bourre, un retard quelconque, un petit besoin de souffler ? On m’appelle et je vole vers une salle de traite plus ou moins connue. L’air de rien, ça dépanne bien les éleveurs et du coup, ça me fait plaisir.

Seulement, ça n’est pas une mince affaire. Les salles et les machines à traire ne sont pas toutes les mêmes. Il faut pouvoir s’adapter en quelques minutes. Et pour pouvoir s’adapter, il faut non seulement bien connaître le comportement des vaches mais encore bien comprendre le fonctionnement d’une machine à traire. Car tous les troupeaux n’ont pas le même comportement et toutes les machines ne se démarrent pas de la même façon. En plus, s’il y a une petite panne ou un quelconque problème, sans pour autant faire la maintenance, il faut pouvoir se débrouiller seule sans embêter l’éleveur. Alors il faut savoir repérer la pompe à vide, comprendre à quoi sert telle vanne, savoir remonter n’importe quelle griffe qu’une vache aurait explosée d’un coup de patte. Il faut aussi savoir aborder des bêtes inconnues de sorte à ne pas se faire casser le bras … Bref, si ça n’est pas un travail hautement qualifié, il faut quand même comprendre parfaitement ce qu’on fait, pourquoi on le fait et comment on le fait pour pouvoir le faire et le faire bien.

Alors quand on arrive dans une ferme inconnue, on pose quelques questions fondamentales : quelle vache a tendance à taper, est-ce qu’il y a des bêtes sous traitement, combien de lait il faut donner à chaque veau, lequel boit au seau, lequel a besoin d’une tétine … Il faut penser à un maximum de choses en un minimum de temps. Et pour tout ce qu’on n’a pas pensé à demander, eh bien il faut se débrouiller !

Maintenant que le soleil se couche beaucoup plus tôt, j’ai découvert qu’il y a une question essentielle que j’ai oublié de poser. Un détail, mais un détail fondamental. Résultat, j’en ai chié. Oh, les vaches ont été adorables, même pas surprises de voir une inconnue. Quant à la machine, elle ne m’a posée aucune sorte de difficulté : même si c’est un modèle que je connais mal, j’en ai déjà vu assez pour ne pas me laisser impressionner par la nouveauté – ou l’ancienneté, d’ailleurs. Non, la question, le détail, portait sur tout autre chose : où se trouve le p….. d’interrupteur pour mettre de la lumière dans la nursery ?

Et je n’ai pas trouvé. J’ai nourri les veaux dans la pénombre.

Ne jamais oublier sa lampe frontale. Jamais.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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