Le Livre Noir de Orhan Pamuk

Bien sûr, je pourrais commencer par vous dire que Le Livre Noir, c’est l’histoire un homme qui, un soir, ne trouve pas sa femme chez lui, constate qu’elle lui a laissé une lettre lapidaire pour lui dire qu’elle est partie sans la moindre explication et que cet homme se met à errer à la recherche de son épouse dans les rues d’Istanbul. Ça serait parfaitement vrai et proche de ce qui est écrit sur la quatrième de couverture, mais c’est à cause de cette description que ce roman est resté deux ans sur mon étagère des livres à lire, tout cela ne me semblant pas très intéressant.

La réalité, c’est qu’il est impossible de résumer ainsi ce roman, mais le problème c’est qu’il est impossible de résumer ce roman dans l’absolu. Le Livre Noir est une histoire à tiroirs dans la grande tradition orientale. C’est une quête d’identité personnelle et culturelle, c’est un regard mélancolique porté sur la Turquie, c’est une multitude de contes traditionnels, un voyage intérieur, une confrontation de l’orient et de l’occident, un livre d’Histoire mâtiné de philosophie, d’histoire des idées et des religions. On y parle d’amour et de censure, de famille et de pression sociale, de créativité et de secrets, de politique et de liberté. Et ça a beau partir dans tous les sens, l’écriture est parfaitement maîtrisée et cohérente. Je suis prête à parier que Orhan Pakuk est un lecteur assidu de l’autre prix Nobel qu’est Thomas Mann, et en particulier de La Montagne Magique. Nous sommes dans le même type de romans : ceux où il ne se passe pas grand-chose mais qui sont d’une incroyable densité.

Disons-le tout net : ça n’est pas le genre d’ouvrage qui sera accessible à tous les lecteurs. S’il est intemporel et universel, il n’en est pas moins d’un abord complexe. L’écriture est riche, la forme est complexe, le fond nécessite des bases solides. Le Livre Noir ravira les lecteurs de grands classiques mais plongera les amateurs de légèreté dans les affres de l’expectative. Il n’en est pas moins l’un des plus grands livres de la fin du XXe siècle.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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