Hamon : maintenant, c’est à nous de jouer

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Dans le chaos du monde, il y a parfois des conjonctions d’événements vachement bien organisées. Par exemple, dans la semaine, mon patron s’est pointé à la maison les bras tout chargés de cadeaux – salaud de patron, salaud d’agriculteur – dont une bouteille de champagne. Quand il apprendra que j’en ai fait sauter le bouchon pour fêter le premier pas vers le revenu de base et la transition écologique, il va faire une drôle de tête, même s’il connaît déjà mon opinion sur le sujet. Je n’ai pas fini d’essayer de le convaincre qu’il fait partie des premiers pour qui ça sera profitable. Et convaincre, il va falloir le faire.

Soyons clairs : Hamon n’est pas tant passé avec les voix du PS qu’avec les vôtres et la mienne. Ça dépasse tant les partis que les gens du dedans des médias et les sondeurs, mais vous savez que c’est le cas. Je doute qu’il y ait parmi vous beaucoup de proches du PS. Pour ma part, j’avais voté blanc au second tour en 2012, me refusant à voter pour Hollande qui n’avait pas plus de projet que ses prédécesseurs. Voilà plusieurs décennies que personne n’a proposé un projet politique et encore moins un projet de société. Et c’est pour ça qu’hier plus d’un million de personnes sont allées voter. C’est une bonne nouvelle, mais ça ne suffira pas. Pour aller plus loin, nous allons devoir nous relever les manches – et par là même prouver à tout un chacun que le revenu de base n’est pas un truc de fainéants. Hamon ne peut pas compter sur le PS pour l’y aider. Nous avons contre nous, contre ce qui nous apparaît comme le meilleur projet pour notre avenir, celui de vos enfants et celui de la planète, toutes les forces de régression que compte ce pays : les médias et leurs brochettes de journalistes et d’experts auto-estampillés, d’intellectuels autorisés et de chroniqueurs abscons, les partis politiques, des conservateurs aux proto-fascistes en passant par les hurleurs pour un retour au temps de nos grands-parents et celui qui confond plan marketing et projet politique, les syndicats pour qui le travail choisi est la mort de leur fonds de commerce et les résignés. Ceux-là, nous ne les convaincrons pas : un tel projet les obligerait à se remettre en cause et ils ne le feront pas. Mais il reste un potentiel de voix énorme qu’il va falloir aller chercher : les abstentionnistes. Et nous allons y aller. Nous n’avons pas le loisir d’attendre que seul Hamon et ses équipes le fassent. Quand je dis que nous devons aller les chercher, je parle bien de vous et de moi. Ce travail, immense, nous revient si nous voulons avoir une chance de sortir de la résignation à la sacro-sainte croissance, à la « valeur travail » qui n’en est pas une et à la destruction de la planète. Nous irons les chercher un par un un, ce qu’un parti politique ne peut pas faire. Toi si. Moi aussi. Il nous faut devenir des lobbyistes. Non, ça n’est pas un gros mot. Nous allons bosser notre sujet, répondre à toutes les questions, balayer les non-arguments non d’un revers de la main mais avec de vrais arguments construits, réfléchis, étayés, solides. Nous allons écrire et parler. Nous serons vigilants à ne pas devenir aussi chiants que ceux qu’on voit partout dans la télévision. Nous le ferons intelligemment, par petites touches, avec douceur, pondération et intelligence, mais nous allons le faire.

Nous savons que nous n’obtiendrons pas tout ce que nous voulons, et nous savons qu’avancer un petit peu sera toujours mieux que de ne pas avancer du tout voire de reculer. Nous sommes des gens raisonnables. Nous sommes surtout des gens intelligents. Je le sais car je sais qui vous êtes parmi ceux qui, autour de moi, se sont déjà remués pour aller en ce sens. Vous êtes cultivés, vous avez voyagé, vous parlez plusieurs langues, vous faites déjà de belles choses. Convaincre est à votre portée, n’en doutez pas une seconde.

Nous sommes déjà plus d’un million. En 2012, Hollande a été élu avec 18 millions de voix. Chacun d’entre-nous doit donc convaincre dix-huit personnes, et il nous reste 83 jours pour le faire. Ça n’a absolument rien d’impossible, surtout dans un contexte si chaotique que rien n’est joué. N’oubliez pas que la sécurité sociale, la réduction du temps de travail et les congés payés ont été en leur temps présentés comme des utopies inatteignables. Demandez à votre mère, à votre grand-mère de vous aider à obtenir ce qu’elles n’ont pas eu. Utilisez les réseaux sociaux avec l’intelligence que les gens plein de haine n’ont pas. Squattez les comptoirs. Parlez, écrivez, partagez. On peut le faire, mais pas en attendant que ça se fasse tout seul.

Nous ne le ferons pas que pour nous mais pour l’Europe entière. Face à l’axe Trump/Poutine, il nous faut une troisième voix : c’est une question de survie. Je vous en conjure : portez cette troisième voix aussi fort et aussi loin que possible.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

2 responses to “Hamon : maintenant, c’est à nous de jouer

  • lizagrece

    Hamon a pompé la moitié de son programme à Mélenchon quant à sa proposition de revenu universel c’est du pipeau. Un truc pour supprimer et vaguement amélioré le RSA qui disparaitra et sans doute aussi d’autres aides sociales. Ce sera juste une machine à fabriquer davantage de pauvres et à inciter aux licenciements puisque les patrons jugeront qu’on aura plus qu’à la fermer puisqu’on aura le RU…. Et de toute manière Hamon a présenté ce programme pour être élu. Ensuite s’il veut le soutien de Valls le BN de la rue de Solferino va lui demander de mettre de l’eau dans son vin et de tiédir son programme… A suivre donc ! Et soyons vigilant[e]s !
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