Professeur Singe de Mo Yan

9782021242874

Professeur Singe suivi de Le bébé aux cheveux d’or, est, comme le titre l’indique une suite de deux nouvelles.

La première, Professeur Singe, donc, démarre très fort. Une suite de scènes totalement burlesques nous plonge dans un univers à mi-chemin entre le cartoon qui n’est pas sans rappeler Tex Avery et les mangas japonais, ce qui est un comble pour un auteur chinois. Néanmoins, sous ce vernis humoristique on sent poindre la mélancolie. Mo Yan nous parle ici de l’absurdité de la pression sociale, des conventions et de l’uniformité. Certes, il aborde ces thèmes sous l’angle de la société chinoise, mais l’ensemble est universel. Hélas, alors que la quatrième de couverture nous promet maints rebondissements, on arrive aux derniers mots de la nouvelle avec la sensation d’une conclusion bâclée. Professeur Singe donne l’impression d’un roman qui aurait été bouclé à la va-vite et publié avant d’avoir été réellement terminé. Les habitués des longs romans de cet auteur majeur seront déçus.

Heureusement arrive ensuite Le bébé aux cheveux d’or. S’il y a là aussi quelque chose de l’absurde, Mo Yan nous plonge dans les mœurs rurales, aborde avec finesse la question de l’enfant unique, du pouvoir des petits-chefs, de la vieillesse et de l’amour. Au détour du récit, on découvre quelques mythes chinois, mais aussi les habitudes des paysans chinois, les absurdités économiques de l’époque de Mao et leurs conséquences déplorables sur l’agriculture. Les personnages sont attachants même dans leur folie, la superstition trouve sa place dans un univers concret, et, là encore, le poids de la pression sociale se fait sentir. Le bébé aux cheveux d’or est une nouvelle triste, mélancolique mais si belle !

Même si la première nouvelle est décevante, on retrouvera néanmoins tout au long du recueil le style particulier de Mo Yan à qui personne ne pourrait reprocher le manque de talent d’écriture. Chaque phrase reste magnifiquement construite et ceux qui ne connaissent pas encore sa plume pourront entrer dans son univers plus aisément avec ces nouvelles qu’avec ses longs romans tels que Beaux Seins Belle fesses ou La dure loi du Karma, aussi géniaux qu’épais mais peut-être un peu plus difficiles à aborder pour le lecteur non-aguerri.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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