Interstellar de Christopher Nolan

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Je m’attendais au pire. Je n’avais lu ni le synopsis ni les critiques, mais tous les éléments étaient réunis pour un insupportable film d’action, avec débauche d’effets spéciaux explosifs sans autre objectif que d’en mettre plein la vue, scénario vide de sens et pour couronner le tout, les insupportables violons de Hans Zimmer.

Rien de tout ça.

Christopher Nolan a fait le choix de ne pas prendre les spectateurs pour des crétins. Il s’amuse ici avec des concepts physiques compliqués. Les amateurs de physique quantique apprécieront le clin d’œil à la théorie des cordes, et même si en réalité on ne comprend pas grand chose à la dite théorie, on apprécie ce cinéma qui sait se saisir de la science. Ceux qui n’en ont jamais entendu parler ne seront pas gênés pour autant, mais je ne doute pas qu’ils auront la sensation, eux-aussi (et à juste titre), de ne pas être pris pour des nigauds. Les puristes tiqueront que l’approche d’un trou noir ne transforme pas tout le monde en steak haché de l’épaisseur d’une crêpe, mais soit, on pardonne. Nous avons donc là un film dont l’essentiel de l’action consiste à manier des concepts. Pas un rayon laser, pas un coup de feu, pas une course poursuite en vaisseaux spatiaux. Ouf !

Nolan a même eu cette intelligence de nous épargner les robots humanoïdes, optant pour des machines plus graphiques, plus originales. Et summum du plaisir : il a confisqué les violons de Hans Zimmer, qui, pour une fois, nous sert ici un support musical sobre, presque minimaliste, et parfaitement adapté au rythme tranquille du film.

Matthew McConaughey est irréprochable, l’ensemble est propre, bien maîtrisé, et prouve qu’on peut encore produire de la science-fiction qui ne se contente pas d’être de la fiction. Et au-delà, les préoccupations écologiques d’Hollywood feront taire les mauvaises langues qui pensent que le cinéma américain n’est plus capable d’intégrer une vision politique critique du monde.

Je m’attendais au pire, et j’ai sans doute eu raison : rien ne vaut le plaisir d’une bonne surprise.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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