Chansons populaires de l’ère Showa, Ryû Murakami

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L’ère Showa signifie littéralement « ère de paix éclairée ». Elle s’étend tout au long du règne de l’empereur Showa, plus connu chez nous sous le nom de Hirohito, de 1926 à 1989. Celles et ceux qui connaissent un peu (ou beaucoup) l’œuvre de Ryû Murakami se doutent déjà qu’il ne s’agira pas ici d’un roman historique et encore moins de paix éclairée. Quant aux chansons populaires, on aura aucun mal à comprendre qu’on parlera beaucoup dans ce roman de karaoké.

C’est bel et bien à un conflit armé auquel nous allons assister. Il oppose un groupe de jeunes hommes et un autre de femmes trentenaires. Ces deux groupes ne manquent pas de points communs, et en premier lieu d’être un assemblage improbable d’humains n’ayant rien d’autre à partager ensemble qu’une profonde solitude. Si les unes et les autres passent du temps réunis, ils ne sont pas pour autant ensemble, chacun parlant seul pour lui-même au sein du groupe, hormis les chansons populaires. Une pulsion, un passage à l’acte, et c’est l’escalade de violence.

Il n’y aura bien que cette violence pour créer de véritables liens entre les membres de chaque groupe.

Ryû Murakami ne perd nullement ici son regard cynique, désabusé sur la société nippone. Nulle chaleur n’existe entre les individus, et l’ensemble de la société est globalement indifférente, quoique les hommes sont au moins unis dans leur haine des femmes. Si l’on voulait tracer un parallèle un peu hasardeux, on pourrait dire que Ryû Murakami est au Japon ce que James Ellroy est aux États-Unis.

Pourtant, ici, la façon même dont la violence se décuple est si exagérée qu’elle en devient comique, du moins pour quiconque apprécie l’humour noir.

Sans être un chef-d’œuvre et malgré les références musicales qui ne peuvent être comprises que par les seuls Japonais, Chansons populaires de l’ère Showa reste un bon roman à découvrir.

NdT : aux éventuels lecteurs qui, comme moi, se sont demandés ce que signifiait le mot « cachinnation » qui apparaît par deux fois dans le récit, je l’ai finalement retrouvé, après bien des recherches, dans un dictionnaire de la psychiatrie et je vous en livre la définition :  » Rire forcé sans rapport avec l’état psychologique ».

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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