Psychologie du contrôle social.

4249_render_pamplemousse_fou

En 1973, le psychologue David Rosenhan mène une expérience dans un hôpital psychiatrique.

Onze chercheurs complices se présentent séparément aux médecins de garde d’un asile. Ils avaient pour consigne de prononcer, à l’accueil, une phrase dénuée de sens. Ils vont tous être pris en charge et immédiatement hospitalisés : les médecins vont faire état de diagnostics lourds avec dix estampillages « schizophrénie » et un « maniaco-dépressif ».

La consigne des chercheurs étaient ensuite de se comporter le plus normalement possible et de demander à sortir dès le deuxième jour. Certains sortent assez vite, en 6 jours, et d’autres resteront internés 40 jours.

Les pseudos patients pouvaient prendre leurs notes recherche toute la journée sans que personne ne s’intéresse à ce qu’ils notaient. Leurs prises de notes devenaient un symptôme pour l’équipe soignante. Nos chercheurs, dans leur rôle de patients, étaient quelquefois interrogés par les médecins. La consigne était alors de répondre tout à fait normalement aux différentes questions. Les retranscriptions des médecins seront pourtant loin de la réalité. Rien de « normal » n’y apparaît.

Il est assez drôle de noter qu’environ un tiers des vrais patients de l’hôpital se sont aperçus de la supercherie.

Remise ainsi en cause, l’institution psychiatrique contesta les résultats de cette expérience. Six mois plus tard, David Rosenhan la renouvela donc dans un autre hôpital, où il obtint des résultats analogues.

La conclusion de l’étude est que les humains ne peuvent pas distinguer les personnes saines des personnes atteintes d’aliénation mentale dans les hôpitaux psychiatriques. Elle a également illustré les dangers de la dépersonnalisation et de l’étiquetage dans les établissements psychiatriques. L’étude suggère de remettre en cause la nature du diagnostic porté par les personnels de santé dans les hôpitaux psychiatriques, en prenant en compte les effets induits de l’institution sur les sujets concernés.

D’autres expériences ont été menées plus tard sur d’autres publics. Dans les écoles, on parlera d’effet Pygmalion, ou encore d’effet d’attente : les résultats des élèves s’améliorent si on fait croire à leurs enseignants qu’ils ont une intelligence supérieure, même si c’est tout à fait faux.

Dans l’ensemble, on peut conclure que celui qui regarde n’est jamais neutre dans sa façon de regarder, mais aussi que celui qui est observé réagi en fonction de la façon dont il est observé. On peut alors se demander comment évoluera une société où tout un chacun pourra être observé par des services qui voient des terroristes partout.

Publicités

À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

3 responses to “Psychologie du contrôle social.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :