Du bénéfice des « salles de shoot »

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1986. C’est l’année de l’ouverture de la première salle d’injection en Suisse. Or les suisses savent faire un truc auquel les français sont incapables de penser : quand ils mettent en place quelque chose, ils créent en même temps les moyens de l’évaluer. Des objectifs généraux et spécifiques sont fixés, des indicateurs sont définis pour évaluer s’ils sont atteints. Simple et efficace. C’est ainsi qu’on sait qu’aucune overdose mortelle n’a jamais été constatée dans ces salles. Si ces salles n’avaient eu aucun bénéfice, les suisses auraient été les premiers à les fermer. Or, entre 1986 et aujourd’hui, une quinzaine d’autres salles d’injection ont été ouvertes.
Il existe de telles salles en Espagne, au Canada, en Australie, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Luxembourg, en Norvège, chaque pays ayant à son tour mis en place des moyens d’évaluation des bénéfices. Chacun de ces pays a conservé les salles d’injection et en a souvent ouvert d’autres par la suite.
A travers le monde, on a mesuré entre 0.5 et 7 urgences pour mille injections. S’il n’y a pas eu de décès, c’est que le personnel de ces salles est formé pour faire face à de telles urgences. Autrement formulé, il pourrait y avoir jusqu’à 7 morts pour 1000 injections sans les salles d’injection. En compilant les données internationales, on estime qu’entre 10 et 37% des usagers de ces salles accèdent à des soins en général, à des cures en particulier.
Partout, on a aussi mesuré une nette diminution du nombre d’injections dans l’espace public. Il a été montré dans tous les pays ayant des salles d’injection que les nouveaux consommateurs n’étaient pas plus nombreux. Il n’y a pas non plus d’augmentation du nombre de rechutes.
Enfin, aucune augmentation des délits n’a été mesurée, nulle part, à proximité des salles d’injection.
Toutes ces données – et bien d’autres encore – sont publiques et ont été compilées par l’Inserm.
Pourtant, en France, on va encore perdre du temps en faisant des expérimentations qui ont déjà été réalisées sérieusement à des dizaines d’endroits. Et malgré des évaluations positives partout où des salles d’injection ont été ouvertes, de vieux réactionnaires clientélistes continuent d’agiter des peurs irraisonnées contre ces lieux qui mènent aux soins.
Il serait peut-être bon de rappeler à tous les pourfendeurs d’évolution sociale que la toxicomanie n’arrive pas qu’aux enfants des autres.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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