La gauche de gouvernement ne peut pas convaincre.

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Si on cumulait le score de toutes les gauches, comme lors de la plupart des élections en France, eh bien la gauche serait loin devant tout le monde. Seulement, une union des gauches est impossible en général et surtout dans notre pays.

Le propre des électeurs de gauche, c’est d’être idéalistes. En soit, ça n’est pas un mal : il faut bien un point de repère au loin pour avancer dans la direction voulue. Le problème survient quand on confond point de repère au loin et désir immédiat.

Les électeurs de gauche ont été biberonnés au Grand Soir. Une lampée de Che Guevara, une cuillère de Louise Michel, une fourchette d’Allende et un grand verre de Marx. Que tous ces gens-là aient échoué d’une façon ou d’une autre n’y change rien. Plus récemment, beaucoup ont été sous perfusion de Chavez ou de Correa. Que l’anticapitalisme de ces deux-là ait plongé le Vénézuela et l’Équateur dans des crises économiques qui font passer la crise grecque pour un léger découvert n’a pas plus d’influence sur l’idéalisme de gauche en France.

La grande majorité des électeurs de gauche veulent tout (et aussi son contraire) tout de suite, et si la gauche au pouvoir ne le lui donne pas, ils boudent. Quitte à faire le tour et à passer par l’extrême-droite qui a cet avantage de justement promettre tout (et son contraire) tout de suite. Et même : si la gauche au pouvoir ne le lui donne pas, on dira alors qu’en fait, elle est de droite.

Que cette gauche de gouvernement ait fait disparaître l’odieux ministère de l’identité nationale et qu’on ne parle plus en permanence de chasse aux pauvres et aux Roms n’a aucune influence sur ce classement par le plus grand nombre.

Son économie n’est pas anticapitaliste, donc elle est de droite. Une gauche de gouvernement, pour satisfaire son électorat, devrait s’asseoir sur toutes les formes de pragmatisme et couper le pays de la marche du reste du monde. Elle ne devrait surtout pas agir en fonction des réalités d’une planète mondialisée.

Le problème principal de l’idéalisme est exactement là : il n’est pas pragmatique. Or la politique n’est pas la belle histoire du monde idéal que chacun porte en lui. En outre, le monde idéal de l’un est le pire cauchemar de tous les autres. La politique consiste à gérer un pays dans une économie mondialisée. Les marges de manœuvre restent des marges. Dans ces marges, la droite de Sarkozy a été particulièrement ignoble. Faites appel à votre mémoire. Dans ces marges, l’extrême-droite nous réserve le pire. Dans ces marges, l’actuelle gauche de gouvernement est loin d’être parfaite, mais elle reste digne et souvent raisonnable, et c’est déjà beaucoup.

Mais ça ne suffit pas quand on rêve d’un Grand Soir en oubliant la Terreur qui ne manque jamais de le suivre.

Aucune gauche de gouvernement ne pourra jamais satisfaire son électorat principal qui reste coincé dans une forme puérile d’idéalisme. L’idéalisme est une abstraction de la réalité. La politique est la gestion de la réalité. L’extrême-droite est idéaliste. Il serait bon de ne pas le perdre de vue, et de revenir à des exigences pragmatiques, surtout quand on est un électeur de gauche.

Mais ça, c’est mon idéalisme à moi …

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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