11 mars : journée internationale de la plomberie.

En 1920, pas un 8 mars, Amelia Earhart a 23 ans et fait un baptême de l’air. Elle décide qu’elle sera aviatrice. Ça n’est pas possible, puisqu’elle est une femme, mais elle s’en moque. Elle travaille, économise, se paie son brevet et un biplan et en 1928, elle devient la première femme à traverser l’Atlantique.

Emily Greene Balch est une pacifiste, au point qu’en 1917, elle refuse de participer à l’effort de guerre. On lui retire son poste de professeur. Elle s’en moque, devient une économiste influente et rafle le prix Nobel de la Paix en 1946. Pas un 8 mars.

Lucie Aubrac était déjà têtue à 17 ans : refusant de vivre dans l’ambiance carcérale de l’internat, elle se débrouille toute seule en trimant à la plonge d’un restaurant pour être indépendante. Sans rien demander à personne, ni le 8 mars, ni les autres jours.

Gerty Theresa Cori était biochimiste. Mais elle avait beau faire paraître des articles scientifiques reconnus, on ne lui proposait que des postes d’assistantes. Elle s’est acharnée, et pas seulement le 8 mars. Elle a obtenu le prix Nobel de Médecine en 1947.

Maria Deraismes est une féministe du 19e siècle. Parmi ses combats, elle a décidé qu’elle deviendrait franc-maçon. Il n’y avait pas de loges mixtes, ni de loges féminines. Ça n’était pas son problème, elle voulait dézinguer le machisme maçon une bonne fois pour toute, si bien qu’elle a été la première femme initiée à la franc-maçonnerie, pas un 8 mars.
Marie Curie n’aurait pas du pouvoir étudier. La Pologne était occupée, et l’éducation des femmes était interdite. Ça n’était pas son problème. Elle allait donc à l’Université volante : une école interdite. Tous les jours, pas seulement le 8 mars.

Aucune des femmes qui ont fait avancer le monde, pour les femmes ou pour tout le monde, n’ont attendu l’autorisation ou les célébrations officielles. Elles n’ont rien changé autour de petits fours. Elles n’ont pas attendu que des élus changent des lois pour les autoriser à devenir ce qu’elles voulaient. Elles se sont sans doute énervées, mais elles n’ont pas pleuré en baissant les bras devant un monde qui n’est tellement pas égalitaire. Elles ont fait les lois. Elles ont enfoncé les portes. Elles ont ouvert les routes.

Le 11 mars sera la journée mondiale de la plomberie. Sic.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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