La Fin du Monde de Camille Flammarion

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Je vous ai déjà parlé il y a peu de temps de Camille Flammarion, et de fait il est bon de connaître un peu son parcours personnel pour apprécier pleinement La Fin du Monde, l’un éclairant l’autre et inversement. Ce livre n’est pas exactement un roman. Du moins a-t-il peu d’intérêt en tant que tel, et pourtant, c’est une œuvre à découvrir.

S’il y a bien un vague schéma narratif, il n’est qu’un prétexte pour l’auteur qui souhaite surtout transmettre aux lecteurs de son époque autant de savoirs que possible en matière d’astronomie, de géologie et de climatologie. Mais Camille Flammarion n’était pas seulement un scientifique versé dans la vulgarisation, c’était aussi un penseur quelque peu idéaliste. Aussi se saisit-il ici de maints prétextes pour nous exposer ce qu’il espère être l’avenir. Et tout l’intérêt pour nous, lecteurs du XXIe siècle, se situe entre ces lignes-là. La science-fiction en dit souvent long sur l’époque à laquelle elle a été produite, et La Fin du Monde apparaît dès lors comme un document historique, un point de repère tant dans l’avancée des sciences que dans les aspirations sociétales.

Avec cette œuvre, on mesure le grand bond en avant des sciences en un peu plus d’un siècle : si les planètes sont encore à la même place, on sait maintenant exactement de quoi elles sont composées. On sait aussi que Mars n’est définitivement pas habitée, ni habitable, et on le sait d’autant mieux qu’on y a envoyé un robot : Flammarion n’a pas envisagé un instant qu’un jour les Humains iraient dans l’espace. La Fin du Monde est une fin géologique, celle qui ne manquera pas d’arriver d’ici quelques millions d’années, et pendant tout ce temps, si l’Humanité vue par Flammarion a vaincu la nature, jamais elle n’a songé à s’envoler pour d’autres cieux. Autres temps autres mœurs : la disparition des animaux sauvages et des forêts y sont présentées comme une immense victoire. Flammarion est du temps de la Révolution Industrielle : il n’y a guère de question éthique à se poser quant au progrès technique.

On retrouve au fil des pages un sujet auquel Camille Flammarion tenait beaucoup : l’égalité des droits pour les femme. Ses scientifiques du futur sont des deux sexes, les meilleurs sont des meilleures. Il y a maints ouvrages contemporains de science-fiction qui se soucient moins de présenter des personnages féminins d’importance. Un demi-siècle avant que ça ne soit effectif, il leur octroie le droit de vote. Par petite touche et à sa façon, il a instillé cette idée au même titre qu’il a œuvré pour la vulgarisation des sciences. Il est aussi à noter qu’il y fait d’un simple ouvrier un découvreur d’importance.

La Fin du Monde est un livre truffé de redondances, si bien que certains chapitres sont un peu pénibles à lire. Néanmoins, c’est une œuvre à découvrir pour maintes raisons qui ne sont pas forcément en lien direct avec la littérature. Je serais tentée de développer ici les différents thèmes abordés dans cet ouvrage, mais je m’en voudrais de vous gâcher le plaisir de la découverte.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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