Camille Flammarion, un esprit brillant.

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Camille Flammarion est le frère d’Ernest, le fondateur de la célèbre maison d’édition. L’écriture ne lui était pas plus étrangère qu’à son frère, néanmoins Camille s’est illustré dans un tout autre domaine : l’astronomie. Et son parcours est singulier.

Ses parents étaient de petits commerçants, vendeurs de mercerie, dans une petite ville de Haute-Marne, Montigny-le-Roi. Rien ne le prédestinait a priori à devenir un grand homme célèbre dans tout le pays. Son éducation est d’abord confiée à un curé de village. Alors qu’il n’a que cinq ans, il observe une éclipse annulaire, et ainsi naît sa passion pour l’astronomie. En 1853, alors que Camille n’a que onze ans, Montigny-le-Roi est ravagé par le choléra et sa famille part chercher fortune à Paris, confiant l’enfant, destiné à la prêtrise, au séminaire de Langres. Trois ans plus tard, il rejoint sa famille dans la capitale et commence à travailler comme graveur ciseleur. Il apprend ainsi à dessiner. Son père travaille alors dans un studio de photographie et il l’initie à cet art naissant. Tout en travaillant, le jeune Camille suit des cours du soir pour préparer le baccalauréat. À cette époque, on ne parle pas de « 80 % d’une génération au bac » : ce diplôme est rare et prestigieux. Il l’obtient en 1858.

Surchargé de travail, il tombe malade. Son médecin, percevant sa passion pour l’astronomie, use de son réseau et lui trouve un emploi à l’Observatoire Impérial de Paris. Camille est alors attaché au bureau des calculs, où il assiste, après ses heures de travail, le professeur Jean Chacornac aux observations nocturnes. En 1862, Camille Flammarion fait paraître un ouvrage intitulé La Pluralité des Mondes habités : ayant eu l’outrecuidance de se demander si les terriens étaient les seuls habitants du vaste univers, il est congédié par le directeur de l’Observatoire. Mais Camille Flammarion est doué, et le directeur du bureau des calculs le ré-embauche immédiatement pour calculer les éphémérides annuels de la lune. Il commence alors sa grande œuvre de vulgarisation de l’astronomie en écrivant dans la revue Le Cosmos et avant de devenir le rédacteur scientifique du journal Le Siècle. Toute sa vie, il travaillera à cette vulgarisation scientifique, ce qui lui vaudra plus tard d’être décoré de la Légion d’Honneur – à une époque où elle avait un sens.

Dès 1868, il entreprend de nombreux voyages en ballon afin d’étudier, entre autres, l’hygrométrie et les courants aériens. En 1874, il épouse Sylvie Petiaux-Hugo, lointaine parente de Victor, intellectuelle féministe et pacifiste. Pour son voyage de noces, le couple effectue un voyage en ballon. Il entreprend des voyages en aérostat, étudie les changements de saison sur les parties sombres de Mars, l’électricité atmosphérique, développe l’astrophotographie, fait construire une coupole astronomique où il crée une riche bibliothèque scientifique : Camille Flammarion cherche et trouve sans cesse.

Mais il ne perd toujours pas de vue la mission de vulgarisation qu’il s’est attribué. L’Assommoir de Émile Zola, édité par son frère Ernest Flammarion, est un succès. Grâce aux bénéfices, les deux frères peuvent diffuser L’Astronomie Populaire, qui sera tirée à 130 000 exemplaires.

Il publie La Planète Mars et ses conditions d’habitabilité : Camille Flammarion, ayant observé les « canaux » de la planète rouge, est persuadé qu’elle est habitée par « une race supérieure à la nôtre ». Presque un blasphème.

En 1919, peu de temps après le décès de sa première compagne, il épouse son assistante, Gabrielle Renaudot, elle aussi bachelière – ce qui est très rare pour une femme à l’époque – , astronome reconnue, découvreuse de la grande tache rouge de Jupiter et de nombreuses planètes et comètes.

Il meurt en 1925, sans jamais avoir cessé de plonger son regard dans les étoiles.

C’est Camille Flammarion qui a baptisé Triton, lune de Neptune et Amalthée, lune de Jupiter. Un cratère lunaire porte son nom.

Camille Flammarion fut un esprit brillant. Non content d’écrire des ouvrages scientifiques, il rédigea aussi des ouvrages de science-fiction, et un livre, Stella, où il décrit ce qui est pour lui la femme idéale : une femme instruite et libre, ce que furent ses deux épouses. Parti de rien, sa soif de connaissance le mena aux sommets, mais il n’oublia jamais d’où il venait. Dans son roman La Fin du Monde, il fait découvrir une importante comète à un ouvrier passionné d’astronomie et de nombreuses femmes y sont de célèbres scientifiques. Si cela est normal aujourd’hui, c’est tout à fait avant-gardiste à son époque. Il y pourfend aussi la médiocrité dans laquelle on laisse le peuple et prône une instruction de qualité pour chacun.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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