Starship troopers, ou de l’incapacité contemporaine à saisir l’ironie.

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Quand ce film est sorti, je n’avais ni la télé ni l’argent pour aller au cinéma. Je ne l’ai donc vu qu’hier, avec seulement en mémoire les critiques – voire le scandale – de l’époque : il s’agirait d’un film nazi.

Après ce visionnage tardif, ma perception de la stupidité humaine en sort renforcée. Dès les deux premières minutes du film, Verhoeven nous explique on ne peut plus clairement qu’il va nous présenter une satire des films de propagandes qui visent à recruter de la chair à canon. Et cela restera présent tout au long des deux heures du film. Tout y passe : une critique de cette démocratie américaine dans laquelle toute une partie de la population – les afro-américains – n’aura réellement obtenu la citoyenneté qu’en acceptant d’aller guerroyer. Les plus pauvres qui n’accèdent aux études supérieures que par le même biais. Ces soldats, forcément, jeunes,beaux, aimant leur famille, prêts à se sacrifier avec le sourire pour la mère patrie, sans jamais au grand jamais se poser la moindre question, sans jamais remettre en cause ce système, comme si les guerres américaines – comment ne pas penser au Vietnam – n’avaient jamais soulevé la moindre protestation au sein même du pays.

Qu’aurait pu faire de plus Paul Verhoeven pour que le public comprenne ? Faire apparaître des panneaux clignotants expliquant « Attention ceci est une satire » ?

Pire encore : le sens de ce film a été tellement mal compris, il a tellement uniquement été perçu comme un simple film d’action, que des suites ont été tournées. C’est un non-sens absolu.

Je constate au quotidien à quel point un grand nombre de personnes sont incapables de comprendre le second degré. Ces jours-ci, j’ai proféré un tweet assassin à l’encontre d’un ancien Président français dont la vulgarité n’égale que sa malhonnêteté. J’ai pour cela usé d’ironie. J’ai rarement bénéficié d’autant de re-tweets. Effectués en grande majorité par des personnes encartées dans le même parti que lui. L’ironie nécessite un minimum d’intelligence. J’avais la naïveté de croire que cette stupidité ambiante était dans l’air du temps, liée à la sur-information sans recul. Starship Troopers a plus de quinze ans. Et il y a plus de quinze ans, cette incapacité à comprendre l’ironie était déjà bien présente.

Après avoir regardé ce film, je suis donc retournée à des lectures salutaires.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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