Planète interdite

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Planète interdite est un des premiers films de science-fiction en couleur et cinémascope, et le premier à intégrer des effets spéciaux par le procédé dit « Eastmancolor » pour un résultat qui reste convainquant presque 60 ans plus tard. Dans l’ensemble, ce film est même tellement réussi qu’il a à peine pris quelques ridules. Bien sûr, le design fleure bon les années 50. Évidemment, les costumes masculins ont une taille haute qui ne se fabrique plus depuis un moment, quoique les costumes féminins aient une taille courte qui se pratiquait peu à l’époque. Il est vrai aussi que Robby le robot est moins surprenant maintenant qu’il existe des robots bien réels. On est aussi surpris de constater qu’en 1956, on n’envisageait pas d’aller sur la lune avant la fin du 21e siècle. Mais ces quelques détails sans grande importance mis à part, Planète Interdite est un très bon film réalisé à une époque où tout ne pétaradait pas dès qu’on parlait de science-fiction, où l’on prenait le temps de dérouler un scénario bien ficelé et de construire des personnages crédibles.

Le Docteur Morbius n’est pas sans rappeler un capitaine Némo. Le monstre invisible pourrait très bien s’appuyer sur le très ancien mythe du Golem, mais surtout, on se demande, en visionnant cette œuvre, quel réalisateur contemporain pourrait accorder assez d’intelligence à ses spectateurs pour se permettre de jouer ainsi avec les théories psychanalytiques jungiennes. Dans tous les cas, on réalise aisément que Planète Interdite a fortement contribué à sortir la science-fiction de la catégorie « nanar » et on en est reconnaissant.

Pour finir, la bande son fut une grande première : on faisait entrer la musique électronique dans les oreilles du grand public, non sans en passer par la musique bruitiste, et si son vieillissement lui donne un aspect un peu kitsch, on imagine sans grand effort le choc que cela a pu produire à l’époque ! Planète Interdite appartient désormais au patrimoine, et si ce monument vous a échappé, je ne peux que vous le recommander chaudement.

 

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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