Le Seigneur des porcheries – Tristan Egolf

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Le seigneur des porcheries, c’est John Kaltenbrunner. Enfant hors-norme, John n’est pas plus apte à s’intégrer à la bourgade péquenaude de l’Amérique céréalière où il grandit que les habitants ne sont prêts à l’intégrer.  Sans doute aussi intelligent qu’explosif, John mène ses envies jusqu’à leur aboutissement en se désintéressant le plus complètement du reste. Très jeune, il se lance dans l’élevage et la réparation de son tracteur tout en ne trouvant rien d’intéressant à ce que l’école et le reste du monde lui proposent. Mais la bourgade est rancunière et pas du tout prête à le laisser mener à bien ses projets.

Et voilà que le sort s’acharne sur lui. De malchances en malveillances, son enfance devient un enfer. Et la suite ne sera pas plus joyeuse.

Le destin de John Kaltenbrunner est ici décrit en deux parties: son enfance et l’âge adulte. Le tout est une ode misanthrope, un pamphlet contre la bêtise des foules, un essai sur l’impossibilité d’être différent. C’est une œuvre qui secoue, qui remue les tripes, qui met les nerfs à fleur de peau. On ne peut pas, en lisant cet ouvrage, ne pas penser à La conjuration des imbéciles, de John K. Toole. On assiste impuissant à un destin sombre, à un déchaînement d’injustice, à un déferlement de violence et on en sort épuisé, dépité, rageur. En 600 pages, Tristan Egolf dresse un portrait bien sombre de la société rurale américaine et rien n’échappe à sa plume acerbe : la police, la justice, la religion, l’ignorance, la lutte des classes, l’immigration sud-américaine et surtout le regard que portent sur elle les locaux, les ragots dévastateurs, l’alcool comme seule fuite possible. Et encore de la rage.

Le récit a quelque chose d’épique, c’est une tragédie contemporaine portée par quelques belles pages au vitriol merveilleusement bien écrites, même si on regrette parfois l’inégalité du style. Certains passages sont quelque peu répétitifs, mais au final cela n’ôte rien à la qualité de l’œuvre.

Le seigneur des porcheries est un livre à découvrir absolument, avec le risque de ne plus jamais regarder l’humanité comme avant.

 

 

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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