Les non-dits de l’anthropologie – Sophie Caratini

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Voilà un essai salutaire pour l’anthropologie et d’ailleurs pour les sciences sociales en général.
L’auteur aborde la question de l’impact de l’histoire personnelle et de la culture d’origine de l’anthropologue sur la façon qu’il aura de percevoir, d’analyser et de comprendre l’objet de ses recherches : une autre culture.
Aussi évident que puissent paraître la nécessité de ces questionnements,
Sophie Caratini nous explique à quel point ces points entrent dans le champ des non-dits de l’anthropologie. L’université n’aborde pas ces questions, les chercheurs ne les soulèvent pas entre eux et il est malvenu de faire part des difficultés qu’on a pu rencontrer lors du travail de terrain.
Avec un développement structuré, elle nous montre quelle nécessité il y a pour cette science particulière d’aborder son travail avec, aussi, une approche psychanalytique.
En effet, la compréhension des schémas de la culture étudiée se fait par les traumatismes – positifs ou négatifs – que créent la confrontation à l’altérité chez le chercheur. de surcroît, le choix de cette discipline et le choix du terrain ne se font pas plus par hasard, et il est important de comprendre le pourquoi de ces choix. La prise en compte de cet état de fait dans la manière de former les futurs chercheurs ne pourra qu’améliorer la qualité des recherches.
On apprendra aussi ici, sans forcément beaucoup de surprise, que le fonctionnement universitaire français est loin d’être efficace, que la mise en concurrence des chercheurs plutôt que la collaboration est un frein à l’innovation, et qu’un chercheur un peu trop à la marge des normes admises risque l’ostracisme par ses pairs. Et tant pis si cela freine la possibilité de faire avancer toute la discipline.
La seconde partie du livre, plus légère mais pas moins intéressante, est la retranscription d’un échange entre l’auteur et
Maurice Godelier. Les deux chercheurs reviennent sur les propos de l’essai de Sophie Caratini, les illustrant par des souvenirs de terrain.
Les amateurs d’anthropologie trouveront également dans cet ouvrage une bibliographie des plus intéressante.
J’ai découvert cet essai grâce à l’opération Masse critique de Babélio. Je ne m’étais pas plongée depuis longtemps dans un essai d’anthropologie, et celui ci a réveillé ma curiosité. Plusieurs ouvrages du même auteur vont donc rejoindre ma (très longue) liste des ouvrages à lire prochainement.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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