La demoiselle des landes.

Un chemin serpentait entre les bruyères. Il ne subsistait du soleil que ses derniers flamboiements. Le paysage s’enflammait de rouge et déjà la lune était haute. Un rapace planait doucement, très haut dans le ciel.

La demoiselle avançait d’un pas rapide, l’esprit tout entier tendu vers son but. Son visage semblait détendu mais ses traits étaient  durs. Son regard semblait plongé dans une dimension lointaine. Elle s’approchait d’un bosquet de pins. Elle lança un regard au circaète qui continuait à tourner en altitude, rejoint maintenant par deux de ses congénères. Elle s’arrêta, respira profondément, calmement, et reprit sa marche d’un pas moins rapide et le regard fouillant le couvert du bois.

Il régnait sous les arbres une étrange ambiance. Tous les oiseaux s’étaient tus. On n’entendait que le craquement du tapis d’épines sous ses pieds. L’obscurité grandissait. Soudain une série de petits cris aigus tombèrent du ciel. La demoiselle s’arrêta et scruta. Elle perçu un craquement proche. Un homme sortit de derrière un arbre à quelques pas devant elle.

Il la fouilla des yeux, des pieds à la tête, se frotta les mains et afficha un sourire avide et un regard concupiscent. Il sortit un couteau de sa poche et en déplia la lame. Elle leva la tête vers la cime des arbres et poussa un long sifflement. L’homme fit un pas et s’arrêta. Tous les oiseaux s’étaient mis à pousser des cris tels que l’homme lâcha sa lame et se boucha les oreilles. La demoiselle ne bougea pas d’un cheveu. Soudain l’obscurité se fit plus dense. Des oiseaux arrivèrent par milliers de toutes les directions et s’agrippèrent à l’homme. En quelques secondes, il fut recouvert de passereaux, de mésanges huppée, d’alouettes, de coucous et même de minuscules ortolans. Deux chouettes effraient le poussèrent aux épaules et il tomba. Les serres des dames blanches s’enfoncèrent dans sa chair et il hurla. Il fut parfaitement immobilisé par les oiseaux quand un circaète vint se poser au sol, derrière sa tête. L’oiseau regarda la demoiselle. Elle acquiesça. Le rapace planta son bec dans chaque œil du malheureux qui hurla de plus belle.

« Merci Jean le Blanc. » murmura la demoiselle.

Tous les oiseaux repartirent en même temps d’où ils étaient venus. Le circaète s’envola le dernier. La demoiselle reprit son chemin sans même un regard pour l’homme au sol qui vociférait comme un damné.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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