Noyade

Il faut chaque jour se débattre pour ne pas sombrer. On s’accroche désespérément aux bribes d’humanité qu’on voit flotter alentours.

Parfois quelqu’un nous sort la tête de l’eau et nous reprenons une goulée d’air. Et un peu plus tard le même, souvent, nous rappuie sur la tête et nous étouffons encore.

L’apnée dure longtemps. D’abord les oreilles bourdonnent, puis il semble que la tête va imploser. Nous nous agitons en tout sens, mais il n’y a rien ni personne auquel se raccrocher ; le monde autour est trop vaste et trop vide : plus nous nous débattons et plus nous manquons d’air. Tout le corps se tend, et un soubresaut nous soulève à l’air libre. Nous inspirons, et celui qui n’était pas là une seconde plus tôt nous bouscule dans ses propres gesticulations et nous sombrons à nouveau.

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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