Tristesse

Une pièce froide, minuscule et mal éclairée par une fenêtre qui donne plein nord. Derrière, un ciel gris sombre comme seul l’automne peut en dessiner, et des feuilles jaunes que fait tourbillonner un vent froid. Un rayon de soleil filtre malgré tout au travers les nuages, et éclaire un mur de briques roses et plus loin, le clocher de la cathédrale.

On entend sortir de cette pièce les suites pour violoncelles de Bach.

Elles couvrent tant bien que mal des sanglots quotidiens, étouffés, que personne ne pourrait entendre de toutes façons.

Les jours s’étirent. Souvent sans qu’un mot ne soit prononcé. Ils sont là, les mots, à se bousculer au fond d’une gorge serrée, jusqu’au déglutissement qui les ravale.

Sous les épaisseurs de coton et de laine pour se protéger du froid qui se resserre, une peau. Intouchable. Fantomatique.

Existence monacale sans dieu, sans sens.

Une vie sans illusion, ni espoir. Juste le temps qui avance, sans en avoir l’air.

 

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À propos de Tagrawla Ineqqiqi

Auteur, mécréante, vachère, grande consommatrice de pop-corn politique. Voir tous les articles par Tagrawla Ineqqiqi

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